INTERVIEW DU JIR DU 11 août 2007
Sofia Laroche, animatrice radio et chanteuse
Une nouvelle voix vient de faire son entrée dans les bacs locaux : celle de Sofia Laroche. Interprète de l'album Jusqu'au bout, elle n'est pas tout à fait inconnue du public. La jeune femme anime en effet le journal de radio Freedom.
Présentez-nous votre premier album, sorti il y a peu.
Quand le R&B rencontre le soleil de la Réunion... Voilà comment je pourrais définir mon premier album intitulé Jusqu'au bout. Pourquoi ce titre ? Peut-être parce que je me suis battue jusqu'au bout pour accomplir mon rêve. J'ai bravé les a-priori, les on dit, les stéréotypes... Tout le monde se fixe des objectifs. Mais pour les atteindre, il faut s'accrocher. Surtout quand le destin nous inflige des épreuves. Je suis allée en métropole très jeune et je pense que ma mobilité n'avait pas été suffisamment préparée. Partir en Métropole n'est pas obligatoirement synonyme d'ascension sociale, même si ça forge le caractère. Après des études de droit et d'histoire à Paris, je suis donc rentrée à la Réunion, où j'ai retrouvé ma première passion, la radio... J'ai aussi intégré une formation musicale en tant que choriste. Lorsque le leader du groupe a décidé de poursuivre sa carrière en solo, je me suis procuré un micro et un ordinateur pour réaliser diverses compositions. Quand je me suis sentie prête, j'en ai parlé au chanteur Atep. Ensemble, nous avons convaincu la maison d'édition et de production Discorama. C'est comme cela que je suis entrée en studio... Ma première expérience a été à la fois excitante et vertigineuse. Je me suis vite prise au jeu et en quelques mois, j'ai enregistré mon album qui est avant tout celui du public. Mes chansons parlent d'amour et de nostalgie, de regrets et de conviction... Tout ça dans un subtil mélange d'orient et d'occident, comme ma propre personnalité.
Quels sont vos artistes préférés sur les plans local, national et international ?
A la Réunion, il y a une chanson qui m'a marquée à jamais. Il s'agit de Grand-mère du groupe Ousanousava. Quand je l'écoute, je pense à mes grands-parents. A ma grand-mère paternelle, surtout. Originaire de Bras-Panon, elle souffre énormément depuis qu'elle s'est brisé le col du fémur. Elle a 96 ans et fait partie de cette génération de gramounes qui a dû lutter pour survivre au jour le jour. Ma mère me dit souvent que j'ai hérité de son caractère de battante. Autrement, j'aime beaucoup Sofie du groupe de séga Intense... J'envisage de collaborer avec elle. On a déjà pris contact sur nos skyblogs respectifs (site Internet). L'artiste internationale que je préfère est sans conteste Madonna. Elle a perdu sa mère à trois ans et pourtant, elle s'est imposée comme une chanteuse sensuelle, sexy et moderne. Elle a su s'adapter à tous les styles, traverser toutes les époques, c'est un vrai caméléon. Enfin, sur le plan national, j'ai une préférence pour Nadiya. J'ai appris par hasard la semaine dernière qu'elle était née un 19 juin, comme moi. Elle est au carrefour de deux civilisations : dans ses chansons on retrouve un mélange de cultures arabe et française.
Quel regard portez-vous sur la Star academy
Je conseille à tous les artistes de tenter leur chance. C'est une très bonne expérience pour apprendre à gérer le trac, rencontrer d'autres artistes dont on ne soupçonne pas le talent... Mais surtout, il ne faut pas perdre d'esprit que chaque artiste a un style unique. Il faut garder sa personnalité et c'est ce que j'ai fait lorsque je me suis présentée au casting. La question c'est de savoir si le fait d'imposer son style plaît aux directeurs de casting...
On vous offre un dîner aux chandelles avec une personne célèbre. Qui choisissez-vous ?
Sans hésitation, et ceux qui me connaissent l'auront deviné : Gad Elmaleh. Une belle personnalité, classe et subtil, avec de l'humour... J'ai tous ses sketchs à la maison. C'est une star attachante, qui a su rester simple.
Quelle est la scène locale qui vous fait le plus rêver ?
Je suis déjà montée sur de grandes scènes... Mais avec mon violoncelle et pas en solo. J'ai même chanté Carmina burana sur la scène du Palais des congrès à Paris avec plusieurs classes de lycée... (notamment avec une certaine Audrey qui vient elle aussi de sortir son album). Maintenant c'est à moi de donner du plaisir au public. Peu importe la scène. Chanter à Bercy, ou dans une station de métro, ou même dans un camp de réfugiés... Où se trouve la différence ? Je chante avec mon c½ur et mon âme et c'est la même énergie partout.
Si vous deviez séjourner un mois sur une île déserte, qu'emporteriez-vous avec vous ?
Un téléphone et un GPS pour qu'on me localise et qu'on vienne tout de suite me secourir. L'île déserte, oui, mais avec une navette pour aller sur une autre île juste à côté, avec plein de monde.
Que vous évoque cette image ?
Les aéroports et les avions me rappellent les vacances... Au passage, j'en profite pour rappeler le prix exorbitant du billet à la Réunion. J'ai beaucoup voyagé avec mes parents, aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique, en Angleterre, en Italie... Ils économisaient sur l'achat des meubles pour nous permettre à mon frère, ma s½ur et moi de voir plus loin que le bout de notre nez... Leur priorité était de nous faire prendre conscience du monde qui nous entoure. Ce qui explique sans doute cette envie insatiable de bouger et de voir du neuf. Mais j'ai aussi conscience que la Réunion est une île aux trésors...Mon 974, je l'ai dans la peau.
Pour en savoir plus sur Sofia, visitez le site www.sofiya974.skyblog.com